Tribune Libre 

 

Une autre vision de l’affaire Médiapart / Benalla 

Quand l’intérêt particulier dépasse l’intérêt commun où quand la vérité dérange

C’est l’autre vision de l’affaire Médiapart / Bénalla. Qu’il s’agisse d’une affaire d’état ou pas, ce n’est pas la question mais elle est révélatrice d’une dérive totalitaire de notre gouvernement.

Grande première que la perquisition des locaux de Médiapart sans passage par le juge. On nous parle d’atteinte à la vie privée de Mr Benalla entre autre et dans le même temps, le président de la commission ad’hoc du Sénat s’offusque quand, lors de son audition, Mr Bénalla refuse de répondre à une question concernant son épouse (toujours employée par LREM ou pas ?) sachant que là justement ça ne concerne en rien la dite commission mais effectivement la vie privée de Mr Bénalla. Les membres de cette commission d’enquête, président en première ligne, insistent même sur l’illégalité de la posture de Mr Bénalla.

Deux poids deux mesures. Donc chacun est en droit de se poser de nombreuses questions avec en premier lieu la notion d’atteinte à la vie privée.

Si ça arrange le pouvoir (judiciaire, administratif, législatif) de passer outre, aucun problèmes, c’est même une honte que le principal intéressé se réfugie derrière.

Si ça arrange ce même pouvoir de ne surtout pas révéler des informations, là il fait appel à cette violation.

C’est ça la nouvelle méthode ? Alors maintenant, que faut il penser de lois telles que le secret des affaires, anti fackes news ou encore celle anti casseurs ? Ne permettent-elles pas selon l’interprétation que l’on en fait de piétiner nos droits fondamentaux pourtant inscrits dans notre constitution et celle du citoyen européen ? On peut aussi se poser légitimement la question de l’indépendance de la justice vis à vis du pouvoir et les exemples de confusion de genre ne manquent pas en ce moment.

L’information est un droit de chaque citoyen pour qu’il puisse se faire son avis selon son libre arbitre, c’est écrit noir sur blanc, mais il est aussi écrit de la même manière (charte de Munich de 1971 entre autres) que les journalistes ont des devoirs et des droits et cela justement pour garantir l’impartialité de l’information.

Il serait temps que les journalistes fassent leur réel travail afin d’honorer leur carte de presse (juste en respectant la charte qui régit leur profession) et pour cela, que le pouvoir en place les laissent travailler correctement sans pratiquer de pressions (ref perquisition  de Médiapart)…..

Une seule chose à retenir : dans le traitement de l’information actuel, il y a du faux, du vrai, de l’instrumentalisation voir de la propagande, c’est ça qu’il faut combattre en défendant à tout prix la liberté de la presse. C’est même une préconisation de l’Europe qui encourage toute initiative allant dans ce sens.

Chacun l’aura compris : l’instrumentalisation du pouvoir des médias (c’en est un…) permet toute dérive alors à chacun de nous de la défendre pour simplement ne pas se faire influencer, une seule preuve ? Tout état totalitaire aura pour objectif prioritaire de faire taire les médias et d’en prendre le contrôle…

Mario CRESSENT

Président de l’association

Les Accrocs de l’info

 

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