Archive éditorial du 14 janvier 2019

Editorial 

Un gilet jaune çà réfléchit la nuit Et çà agit le jour

Issu de la vallée du Grésivaudan, nous nous sommes rencontrés, au gré des différents ronds-points, des actions menées côte à côte depuis le 17 novembre lors des assemblées citoyennes, dans la diversité : infirmière, cuisinier, retraité, chargé d’affaire avec 3 enfants handicapés, technicien, mère au foyer, sans le moindre dénominateur commun apparent.

Et pourtant, nous avons rassemblé nos idées, nos énergies, nos convictions. Nous faisons tous le même constat, le sentiment de payer plus que nous ne recevons.

Nos bureaux de poste, nos services publiques, les maternités et les hôpitaux de proximité ferment les uns après les autres. Et comble de l’horreur, une famille a cherché vainement, entre Noël et le jour de l’an 2019, pendant plus de 10 heures, un médecin pour venir constater le décès de leur parent, avant que le service des pompes funèbres puisse faire son travail !

Parallèlement, on nous culpabilise, par des taxes punitives, d’utiliser nos véhicules pour faire encore plus de kilomètres pour palier au réseau de transport incapable de répondre à la situation induite par des choix politiques qui ne sont pas les nôtres.

Au nom de l’écologie, l’Etat a voulu nous imposer une taxe sur les carburants pour que nous français, sauvions la planète. C’est la goutte de trop dans un océan de taxes et d’impôts toujours plus imaginatifs les uns que les autres.

Le mouvement des gilets jaunes a soulevé des questions légitimes : pourquoi Total, l’une des sociétés les plus pollueuse est-elle autorisée à forer en Guyane ?

Pourquoi les glyphosates sont autorisées ?

Pourquoi le kérosène des avions n’est pas taxé ?

Chateau de Vizille. De 1788 à 2018

Pourquoi les 15 plus gros navires commerciaux du monde brulent plus de fioul que toutes les voitures du monde.

Ces porte-conteneurs qui nous alimentent en produits que l’on fabriquait dans nos usines délocalisées, aujourd’hui, ils brûlent chacun 10.000 tonnes de carburant pour un aller et retour entre l’Asie et l’Europe. Ces malheureux 15 navires font partie d’une flottille de 3.500, auxquels il faut ajouter les 17.500 tankers qui composent l’ensemble des 100.000 navires qui sillonnent les mers.

Pour ne pas quitter le domaine maritime, rappelons que la flotte de plaisance française est d’environ 500.000 unités, dont 5.000 yachts de plus de 60 mètres, et que le plus moyen de ceux-ci brûle environ 900 litres de fuel en seulement une heure, alors que les 24 % de foyers français qui se chauffent au fioul ont du mal à remplir leur cuve pour l’hiver.

Pour continuer sur le chemin de la schizophrénie paranoïde, prenons en compte toute la flottille de pêche et les 4,7 millions de poids lourds en transit à travers la France. Les milliers d’avions qui sillonnent le ciel et dont la consommation par passager et par km parcouru est 3 fois plus nocive pour le climat que l’automobile.

Pour compléter cette petite fable, n’oublions pas l’indispensable domaine agricole où la consommation moyenne d’énergie est de 101 litres de fuel par hectare.

Le mouvement des gilets jaunes met en évidence la question de l’incohérence des décisions prises à chaque strate du mille-feuille administratif de notre société. Une organisation « décentralisée » attendant les ordres venant de Paris !

En fait il pose une question de bon sens, arrêtez de mettre la charrue avant les bœufs.

Vous ne pouvez pas nous contraindre de changer notre voiture pour une voiture électrique, sans savoir comment répondre à la quadrature du cercle : supprimer les centrales nucléaires et fournir encore plus d’électricité par des énergies propres et tout en baissant le réchauffement de la planète !

Arrêtez de nous produire des usines à gaz. Comme par exemple le changement d’heure, dont on n’arrive toujours pas à revenir sur cette fausse bonne idée au bout de 40 ans. Au point qu’on se pose la question, en cas de retour, de garder ou non l’heure d’été !

Et on demandera aux coqs de chanter une heure plus tard ?

Nous sommes conscients que les problèmes posés ont des réponses à l’échelle de la France, mais que d’autres trouvent leurs réponses à Bruxelles ou à l’international.

Que les règles, pour une petite poignée d’individus sur terre, au nom du libéralisme, consistent à mettre en concurrence le producteur, contre en concurrence le travailleur, contre en concurrence le citoyen.

Parce qu’ils peuvent se permettre de délocaliser et mettre en concurrence les systèmes sociaux du monde.

Les peuples sont ainsi piégés, pris en otage, par une mondialisation sauvage, sans foi ni loi.

Tous les citoyens ont le droit, voire le devoir, de donner leur opinion. Mais tout le monde n’a pas, ou ne veut pas avoir par conviction Facebook ou Twitter, c’est la raison de la création de notre site internet.

Nous ne voulons pas que notre démocratie soit dans les mains de sociétés américaines, capables de peser et d’influencer le résultat d’une élection. Demain la nôtre.

Un site internet européen, car nous sommes conscients que beaucoup de débats qui animent les gilets jaunes doivent trouver une réponse cohérente à l’échelle de l’EUROPE : transition écologique, protection sociale, harmonisation des taxes et de la fiscalité, etc …

Permettre un dialogue entre les citoyens français et européen, être une force de proposition, c’est le but que ce fixe ce site.

Nous sommes résolument pour la liberté d’expression, soucieux d’aborder tous les thèmes, sans tabous, mais dans le respect de l’autre, pour un débat apaisé et constructif.

Chaque gilet jaune est libre de ses actions. Après les actes 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 et 9 quelles solutions ? les actes 10, 11, etc…

Pour notre part, le but est atteint, la France est maintenant consciente qu’elle a rendez-vous avec son histoire. Que la France de demain ne sera plus celle d’hier et que nous, les gilets jaunes, allons et devons prendre toute notre part à ce changement.

Au côté de ceux qui veulent maintenir la présence physique sur les ronds-points, nous sommes résolument convaincus qu’il est temps de passer, à l’acte de la concertation, de la réflexion, qui devra déboucher par des actes concrets de modifications.

Et pourquoi pas, pour les gilets jaunes à l’acte de l’élection européenne 2019.

Election à laquelle nous sommes prêt à contribuer à l’organisation d’une « Primaire la plus démocratique possible » afin de faire émerger 79 représentant(e)s issu(e)s de la diversité du mouvement des gilets jaunes, et représentatif du territoire français, sans avoir à créer un parti politique.

Tout en préservant l’originalité de ce mouvement soucieux depuis le premier jour de garder jalousement son indépendance.

Notre but est de permettre l’émergence d’idées nouvelles, cachées, voire refoulées dans la résignation de beaucoup d’entre nous.

Notre action, c’est ce site qui se veut un Espace de la Liberté d’Expression Européenne.

Par la conception pour laquelle nous avons opté, nous garantissons aussi à notre manière, votre liberté de parole que nous avons étendu à tous les peuples de la communauté européenne.

Nous entendons bien transformer les différentes colères qui s’expriment sur tous les ronds-points du territoire français, en solutions réelles. Colères soutenus par l’immense majorité des françaises et des français.

Comme nous l’avons déjà dit, la France à rendez-vous avec son histoire, et nous entendons bien jouer notre rôle , tout notre rôle, mais que notre rôle, aux côté de ceux qui ont choisi le débat citoyen le long des routes de France.

En seulement 23 jours, sans moyen, animés d’une volonté sereine mais déterminée, nous apportons aujourd’hui modestement notre contribution au Débat National et Européen, pour que vive durablement l’âme du mouvement des gilets jaunes, en ayant une pensée permanente aux dix victimes issues de nos rangs et à leur famille.

Le directeur de la publication

Yan CONTAT 

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