Tribune Libre 

 

Si  on osait un parallèle

Parlons un peu du cannabis et de la réponse de l’état à son encontre. Aujourd’hui, que l’on soit consommateur ou pas, pour ou contre sa dépénalisation, ça change quoi aux faits ?

La consommation est régulière par une partie de la population non négligeable et l’état maintient le cap en refusant toute forme de légalisation. Dans la vie de chacun d’entre nous, ça se traduit comment? Là aussi deux façons de faire pour les consommateurs, soit ils se libèrent de toutes contraintes et s’assurent de la qualité de ce qu’ils fument en semant directement chez eux pour récolter au bout d’un certain temps, soit ils participent à une économie parallèle énorme qui aboutit à toutes les dérives que l’on connaît.

Là encore, que l’on soit consommateur ou non, tous les jours on entend le même discourt : “le cannabis c’est de la pipe” (nouvelle expression qui nous vient de tout en haut…). Il faut lutter coûte que coûte contre sa propagation. L’aveuglement est tel que cela revient juste à refuser les faits : c’est entré dans les usages des gens et on ne reviendra pas en arrière. L’aveuglement contribuera juste à encourager la délinquance et privera l’état d’une grosse source financière en cas de contrôle de ce marcher sur le principe de la cigarette.

Nier l’évidence ne permet pas d’avancer.

Changeons les termes principaux : cannabis par liste Gilets Jaunes et état par le mouvement et on tente le même raisonnement.

Parlons un peu des Listes Gilets Jaunes aux européennes et de la réponse du mouvement à son encontre. Aujourd’hui, que l’on soit pour ou contre, ça change quoi en fait ?

Des Listes Gilets Jaunes aux européennes il y en aura au moins deux (je reste volontairement naïf) qui trouveront et des candidats et les fonds nécessaires. Le mouvement maintient le cap en refusant toutes formes de liens entre ces candidats et les manifestants qui se revendiquent apolitiques, sans leaders…Cela se traduit comment ?  

Soit les manifestants rejettent la simple idée et pensent alors se libérer du système au quel ils appartiennent malgré eux, soit ils s’en saisissent et se servent de la campagne et de leurs élus pour contre carrer le gouvernement en déplaçant le débat sur les bancs de Bruxelles.

Là encore, que l’on soit pro ou anti, tous les jours on entend le même discourt : ” les européennes c’est pas la peine” et donc il faut les décrédibiliser coûte que coûte quitte à dire que créer de l’opposition à notre président c’est à l’aider… L’aveuglement est tel que cela revient juste à refuser les faits. Cet aveuglement (orchestré ou pas) contribuera juste à multiplier le nombre de listes, recréer les mêmes divisions qu’il y a actuellement entre les différents partis politiques au sein des Gilets Jaunes et donc à faire le jeu du pouvoir en place par la division.

Nier l’évidence ne permet pas d’avancer.

Alors oui, nous en sommes à ce point après quasiment trois mois de mobilisation. Ne serait-il pas temps d’ouvrir les yeux, de tirer des constats et d’utiliser toutes les possibilités y compris les européennes pour lutter contre ce gouvernement qui a réussi l’exploit de mobiliser toutes les sensibilités politiques contre lui.

Et pendant ce temps, dans le cadre du grand débat national, Monsieur Macron, lui, utilise tout son temps à préparer les échéances électorales à venir en maniant avec habileté les liens entre le gouvernement et son parti sur des fonds publiques en confisquant le temps d’expression des autres idées avec la bienveillance des grands médias.

Juste de l’enfumage médiatique, idéologique basé simplement sur notre incapacité à analyser les faits et à mettre en avant non pas ce qui nous rassemble, mais ce qui nous divise.

Si nous acceptons les faits et que nous nous en servons, il y a une alternative : liste unique dont le programme sera établi seulement sur ce qui nous a réuni autour des ronds points ( le reste c’est de la politique clivante) et là on contribuera à faire de tous les grains de sables des gros cailloux incrustés dans les semelles du système actuel…

Une preuve de l’aveuglement et des idées pré-conçues ? L’intervention du ministre de l’agriculture sur le vin et l’embarras de la ministre de la santé sur l’alcool mais “le vin n’est pas de l’alcool”.

Mario CRESSENT

Président de l’association

Les Accrocs de l’info

 

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